Nomadic Nenets woman in the tundra 100km north of Yar-Sale, Yamal Peninsula, Arctic Siberia

Nenets woman on the Yamal Peninsula

Les Nenets ont quitté la région d’Altaï-Sayan, près de la Mongolie, durant le premier millénaire avant J-C pour arriver en Arctique. Jusqu’au 17ème après J-C., ils étaient  de simples chasseurs et cueilleurs et avaient quelques rennes pour le transport. Ils étaient en contact avec les revendeurs de fourrures Russes jusqu’au 11ème siècle après J-C. A la fin du 15ème siècle, début 16ème, les premières réglementations Russes apparurent sur le territoire des Nenets. Beaucoup d’entre eux entraînèrent des troupeaux de rennes nomades et fuirent vers le nord, dans le Yamal. La chasse est, alors, devenue non viable. Plusieurs avis ont été émis et sont encore débattus, sur les raisons de ce problème : le contact avec les Russes ou simplement le changement de climat et la diminution du nombre de rennes sauvages.

Les Nenets sont réparties sur une large zone. Nombre d’entre eux ne vivent pas dans la Péninsule du Yamal même. Leur territoire s’étend de la Péninsule du Kanin à l’Ouest à la Péninsule du Taymyr à l’Est. Chaque groupe de nomades est officiellement enregistré dans le village le plus proche. Beaucoup de nomades ont de la famille dans les villages. Dans la péninsule de Yamal, la moitié des Nenets sont des nomades et l’autre moitié vivent dans des villages.

Les Nenets nomades vivent dans des tchoums, des tentes coniques recouvertes de peaux de rennes. Ils portent deux épaisseurs de fourrures de rennes qui leur servent de manteau. Les gants en fourrure de rennes sont attachés au manteau. Leur capuche et leurs cuissardes sont elles aussi en fourrure de rennes.  Les femmes cousent de nouveaux vêtements (en se servant des tendons de rennes comme fil) tout l’été pour tous ceux qui vivent dans leur tcoum. Les lassos et les cordes sont faits grâce au cuir tirer des peau de rennes. Les traîneaux sont en bois. Ils sont faits à la main, sans métal ni clou. Il existe quelques outils traditionnels Nenets qui sont utilisés à ce jour  pour construire leur traîneau. Les traîneaux sont tirés par les rennes. Les harnais des rennes sont faits à partir de la peau de rennes et certaines parties grâce à leur os.

Le plat préféré des Nenets est la viande et le sang de rennes. Ils le boivent et le mangent en l’extrayant directement de la carcasse du renne fraîchement tué. Des cordes sont attachées autour du cou du rennes. Sa tête est tournée vers l’Est et il est étranglé par deux ou trois personnes, chacun tirant sur l’une des cordes. Ensuite, ils le dépècent et étendent la peau pour qu’elle sèche. Les vêtements seront faits grâce à cette peau. Ensuite, les femmes ouvrent le renne. Tout le monde est assis par terre autour du renne. Alors, ils commencent à extraire le foie, les reins, la viande, les poumons, le cœur pour les manger directement. Ils se passent un bol ou une tasse qu’il plonge dans la carcasse du renne pour récupérer le sang chaud de celui-ci et le boire.

La plupart des groupes ont des pâturages d’été au Nord et des pâturages d’hiver dans le Sud. Ils changent de campement grâce à leurs traîneaux tirés par les rennes. Généralement, un homme conduit un traîneau tiré par cinq rennes, qu’il dirige grâce à une longue perche de bois appelée khorei. Les femmes et les enfants conduisent un ensemble de six ou sept traîneaux attachés entre eux qu’ils appellent argysh. Quelques rennes tirent chacun des traîneaux de l’argysh.

Les Nenets du Sud de Yamal, avec lesquels les futurs visiteurs pourront passer du temps, ont les plus grand troupeaux (plus de 10 000) et la migration la plus longue (1 200km) de tous les Nenets. Durant l’été, on les retrouve loin au Nord de la Péninsule de Yamal alors que durant l’hiver, on peut les trouver au Sud-Est de la Péninsule, dans le Golfe d’Ob dans la région de Nadym.

Lorsqu’ils changent de camp, ils commencent par démonter les tchoums et les mettre sur les traîneaux. Ensuite, les éleveurs attrapent au lasso et équipent les rennes “de transport” pour tirer les traîneaux. Les hommes conduisent le troupeau depuis leur traîneau. Les femmes et les enfants commencent à migrer sur l’argysh. Le convoi serpente dans le paysage et peut s’étendre sur 2km de long. Lorsqu’ils trouvent un endroit adapté à l’établissement du campement, c’est-à-dire un terrain arboré, à proximité d’une surface plane permettant de regrouper facilement le troupeau, les personnes en tête du groupe plantent leur khorei dans le sol à l’endroit où ils veulent que soit placé le centre de leur tchoum. Ensuite, chacun commence à décharger les traîneaux, à déharnacher les rennes et à monter les tchoums. Le haut de la tente doit se trouver à l’extrême droite vu de derrière, et les entrées des tchoums sont toujours tournées vers le même coté.

Il existe des douzaines de types de rennes différents que les Nenets reconnaissent facilement, même au milieu d’un troupeau de milliers d’entre eux. Pour chacun, il existe un nom dans la langue Nenets. Par exemple, il existe le renne sacré : chaque personne et chaque dieu possède son propre renne sacré qui ne doit jamais être tué avant qu’il ne soit trop vieux pour marcher. Lorsqu’un renne sacré est finalement tué, ils trouvent un autre renne qui ressemblait à l’ancien pour le remplacer et répandent le sang du renne mort sur lui.

Un autre exemple, est le renne orphelin (élevé par l’humain). Les Nenets amènent ces rennes dans leurs tchoums et les élèvent parmi eux jusqu’à ce qu’il soit assez grand pour se débrouiller seul. Ces rennes ne seront jamais tués. Lorsqu’ils sont trop vieux pour marcher, les Nenets donnent leurs rennes “orphelins” à d’autres familles. Cette famille pourra tuer le renne et donnera un autre renne élevé par l’homme en échange. Tout au long de leur vie, les rennes élevés par l’homme peuvent vivre avec le troupeau ou avec les Nenets dans les tchoums. Ils grandissent à l’intérieur, et une fois grands, ils sont libres de venir dans les tentes ou de rester avec le troupeau. Ce sont les seuls rennes qui mangent la même nourriture que les humains, comme le pain par exemple.

Pour les étrangers, il est incroyable de voir les Nenets reconnaître aussi facilement leurs rennes parmi un troupeau de 10 000 bêtes. Chaque personne dans le camp, mêmes les enfants  de 6 ans, sont capables de reconnaître instantanément quels sont les rennes élevés par l’homme ou quels sont les rennes sacrés qui doivent être libérés. Ils reconnaissent aussi les différents types de rennes des autres familles. J’ai vu deux petites filles de 6 ans, qui devant leur tchoum regardaient le troupeau de 10 000 rennes galoper à 30 mètres d’elles. Quand les deux petites ont repéré les rennes élevés par leur famille, elles ont commencé à danser et sautiller en criant de joie.

Le renne ancêtre est aussi reconnu par les Nenets. Il est assimilé aux grandes idoles (d’environs 60 cm de haut), des plus puissants et importants ancêtres des leurs, que les Nenets gardent dans leur tente. Ces idoles sont vêtues d’habits Nenets et les familles fabriquent de nouveaux vêtements pour elles tous les ans. Il y a aussi beaucoup d’idoles de dieu. Les idoles des ancêtres sont gardés dans la tente et les icônes de dieu sont laissés sur le traîneau sacré avec le matériel servant à fabriquer de nouveaux vêtements. Quand ils changent de campement, toutes les icônes doivent être mises sur le traîneau sacré. Personne ne doit s’asseoir sur celui-ci. Lorsque le traîneau sacré est usé et casse il est laissé sur le site sacré le plus proche.

On peut trouver une centaine de sites sacrés dans tout le Yamal. Ceux-ci peuvent simplement être des sites naturels comme une colline ou une rivière, un bois sur une colline ou encore des crânes de rennes sacrifiés pour les idoles de bois se trouvant dans la toundra, ou alors de grandes étendues couvertes d’idoles, de crânes d’ours, de traîneaux sacrés et autres objets sacrés.

Il existe une certaine force dans la vision du monde Nenets appelée sya mei. Cette force est connectée avec l’autre monde, celui de la naissance et de la mort, qui peut être maléfique quand elle entre en contact avec notre monde. Les femmes post-pubères sont en permanence affectées par cette force, il en est de même pour les nouveaux nés ou encore les personnes ayant récemment assistées à des funérailles. Le sujet des personnes touchées par sya mei reste un grand taboo et beaucoup de restrictions leur incombent. Elles ne doivent pas toucher le traîneau sacré, elles ne doivent pas passer au dessus des choses touchées par un rennes, ni passer le harnais au dessus de leurs têtes ou passer en dessous d’eux; elles ne doivent pas franchir une ligne imaginaire qui passe par le point central jusqu’au point sacré à l’arrière de la tente; elles ne peuvent pas sortir de la tchoum et se mettre à vue; elles ne peuvent pas visiter les sites sacrés et participer aux sacrifices; elles ne peuvent pas préparer certains poissons, traverser les routes des ours qui sont considérées comme sacrées, passer au dessus d’une chienne enceinte, porter les cuissardes fourrées des hommes, passer au dessus d’un homme ou encore accrocher leurs vêtements n’importe où car les hommes pourraient être amenés à passer dessous. Les femmes Nenets doivent prendre toutes ces restrictions en considération et font face tous les jours à ce type de situations. Si vous n’êtes pas au courant de ces pratiques, beaucoup des gestes ou des actions des femmes Nenets au travail peuvent paraître incompréhensibles. Des rituels doivent être réalisés pour nettoyer quelques choses affectées par sya mei. Le plus courant consiste à passer plusieurs fois au-dessus d’un feu. Après qu’un enfant soit né dans une tente, un renne doit être sacrifié devant l’entrée.

Au quotidien, les Nenets doivent regrouper les rennes, s’assurer qu’ils ne s’éloignent pas trop, couper du bois pour le feu, ramasser des blocs de glace pour récupérer de l’eau, trouver un endroit idéal pour installer les tchoums et le troupeau, tuer les rennes pour la viande, enlever les amoncellements de neige autour des tentes, réparer le matériel, cuisiner, s’occuper des enfants, coudre des vêtements et des couvertures en peau de rennes, fabriquer le plancher et les poteaux pour les tchoums, construire de nouveaux traîneaux, collecter de la mousse en guise de papier toilette, pêcher en été.

Les enfants Nenets de Yamal ne connaissent que la langue Nenets. Ils commencent à apprendre le russe quand ils vont à l’école du village à partir de 7 ans. A 14 ou 15 ans ils le parlent couramment. En général, les personnes nées durant les années 50 ou avant ne parlent pas très bien russe, car ils sont nés avant l’obligation d’aller à l’école imposée par les Soviétiques.

Toutes les informations mentionnées ci-dessus sont vraies en ce qui concernent les Nenets de la Péninsule de Yamal. Ils ont su, remarquablement bien, conserver leur culture, ce que pourront voir les visiteurs voyageant avec Yamal Peninsula Travel. Par exemple, en Russie européenne, certains groupes de Nenets Autonomes d’Okrug, travaillent trois mois dans la toundra, qu’il déteste, puis ils passent trois mois à consommer de l’alcool frelatée dans le village le plus proche. Ils ont complètement oublié le langage Nenets et les croyances spirituelles. Cependant lorsqu’ils travaillent, ils vivent encore dans des tchoums, utilisent les rennes pour les traîneaux et portent des vêtements de fourrure.

A l’opposé, les Nenets de la Péninsule de Yamal, sont accueillants. Ils aiment la toundra et tiennent à leur identité culturelle forte.

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